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Revue germanique internationale 13

Discipline : Philosophie et histoire des idées

Collection : Revue germanique internationale

Publication date : 16/05/2011

Auteurs : JEAN-CLAUDE MONOD. FELIX HEIDENREICH. OLIVIER AGARD

ISBN : 978-2-271-07102-6

Format : 17.0 x 24.0 cm

Revue germanique internationale 13

Phénoménologie allemande, phénoménologie française

JEAN-CLAUDE MONOD. FELIX HEIDENREICH. OLIVIER AGARD

30,00

Peu de courants philosophiques ont eu une influence comparable, en France, à celle de la phénoménologie. Mais dans cette histoire désormais séculaire, on ne peut plus parler d’une simple « réception » française d’une pensée « allemande ». Certes, les oeuvres fondatrices de Husserl, Heidegger et Scheler ont fait l’objet de grandes interprétations ou relectures dont les études rassemblées ici marquent tantôt les malentendus, tantôt les écarts délibérés, les innovations et déplacements. Mais cette appropriation a été d’une telle nature qu’elle a produit des effets en retour sur la pensée allemande : ainsi la phénoménologie de l’expérience de l’étranger développée par Bernhard Waldenfels ne cache-t-elle pas sa dette vis-à-vis de l’inflexion éthique de la phénoménologie chez Levinas, et l’interrogation contemporaine en direction d’un « empirisme transcendantal » puise-t-elle aussi bien chez Levinas et Derrida vus comme « empiristes radicaux » que chez un philosophe français dont le style et le parti-pris antiphénoménologiques ne doivent pas masquer l’affinité avec certaines exigences husserliennes, Gilles Deleuze.

C’est aussi à propos d’une tendance de la phénoménologie française (Levinas, Marion, Michel Henry) qu’a éclaté la mise en cause d’un « tournant théologique », que l’on peut aujourd’hui réinterroger en revenant sur les décisions originelles des fondateurs en direction d’un « athéisme méthodologique » ou d’une détermination a-théologique du « donné ». Mais c’est aussi bien le rapport de démarcation vis-à-vis de toute « anthropologie » qui peut être reconsidéré, à la lumière des oeuvres qui ont assumé une « ré-anthropologisation » de la phénoménologie de la conscience du temps (Ricoeur, Blumenberg) ou tenu qu’une « phénoménologie pure » était une impasse. L’actualité de la méthode phénoménologique, peut-être au risque d’un « tournant anthropologique », s’éprouve alors sur sa faculté à ouvrir à la compréhension fine d’objets empiriques et sociaux faussement évidents, tels que l’habitude ou la violence.