Portrait de l'artiste en fille de joie

Portrait de l’artiste en fille de joie

La littérature publique

26,00

Le XIXe siècle voit le développement sans précédent du commerce de l’imprimé : le capitalisme d’édition, la presse à grands tirages qui s’impose à partir du Second Empire et sous la IIIe République en sont les signes les plus visibles, tandis que le genre romanesque fait reculer théâtre et poésie. Désormais, l’écrivain sorti de la dépendance du mécénat d’Ancien Régime se trouve pris dans un monde concurrentiel, exploité par directeurs de journaux et éditeurs, tandis que s’impose la professionnalisation de ce qui devient un métier, celui d’homme de lettres. Pour qualifier cet avènement d’un régime démocratique de la littérature, la métaphore de la prostitution littéraire, globalement infamante, est omniprésente dans la critique des années 1830, avant d’être actualisée par les auteurs eux-mêmes. La prostituée devient le répondant allégorique de l’écrivain, et la littérature se fait publique : publique d’abord parce qu’elle se donne à tous, comme les filles désignées par la même épithète, parce qu’elle est « soumise » et fruit de l’exploitation d’un patron, publique ensuite parce qu’elle recourt à tous les procédés publicitaires et médiatiques, publique encore parce qu’elle se diffuse partout et touche un public qui s’accroît continûment, publique enfin parce qu’elle est bien le produit d’un temps et d’une société qui ne cesse précisément de redéfinir son caractère démocratique.

  • Éléonore Reverzy

    Éléonore Reverzy consacre ses travaux à la littérature du XIXe siècle, en particulier au roman ...

9782271088154
03/11/2016
344
15.0 x 23.0 cm

« Décrit comme un commençant des lettres, l’écrivain est assimilé dans les discours critiques à une prostituée. Son statut est étudié ici dans le personnage romanesque de l’auteur, métaphore de lui-même, à travers les oeuvres de Zola, Balzac, Sue, etc. »

Livres Hebdo, 11 novembre 2016

« « Qu’est-ce que l’art? Prostitution », écrivait Baudelaire. A travers cette métaphore prostitutionnelle se déploie, dans Portrait de l’artiste en fille de joie, toute une réflexion sur les conditions de l’art, désormais soumis aux goûts du plus grand nombre. »

J. L. J., Le Monde des Livres, 16 décembre 2016.

 » Dans une solide étude d’histoire littéraire, Eléonore Reverzy s’est interrogée sur la signification de cette « extraordinaire promotion littéraire de la prostituée ». « 

Dominqiue Kalifa, Libération, 22 février 2017

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