La chair, les hommes et les dieux

La chair, les hommes et les dieux

La viande en Inde

25,00 (Disponible en numérique)

Les études actuelles sont alarmantes : la consommation de viande dans le monde a explosé ces dernières décennies, jusqu’à enregistrer en cinquante ans une croissance de 1 400% en Asie, au risque d’une crise sanitaire et écologique sans précédent.
En Inde, pourtant, la viande est marginale, voire parfois proscrite : sa consommation est régulée par des logiques religieuses, morales, médicales ou économiques. L’on ne mange pas la même chose, ni de la même façon, selon que l’on est hindou de haute ou basse caste, musulman ou chrétien, homme ou femme, urbain ou rural, militant nationaliste ou partisan du sécularisme. Car la viande est également un véritable objet politique, support de revendications identitaires.
L’urbanisation, l’industrialisation, la mondialisation, modifient néanmoins progressivement les réseaux d’approvisionnement, ainsi que le rapport des Indiens à cet aliment singulier dont la consommation augmente. Cette transition alimentaire n’est cependant pas généralisée, tant les pratiques diffèrent en fonction des types de viandes, des individus et des contextes. En Inde, le rapport à la viande contribue à dessiner des géographies, façonnant des territoires et des circuits, définissant des distances réelles ou symboliques entre les hommes et les animaux.
À l’heure où l’Occident s’interroge sur sa consommation carnée, cette belle étude du monde indien offre une résonance particulière.

9782271115249
11/01/2018
408
15.0 x 23.0 cm

« C’est tout l’intérêt de cette enquête passionnante d’un jeune géographe, Michaël Bruckert, sur le « paysage carné » ( meatspace ) de l’Inde d’aujourd’hui et, plus précisément, de la ville de Chennai (l’ancienne Madras). Par une analyse méticuleuse qui va de l’emplacement des abattoirs à l’idéologie du BJP (le parti de la droite nationaliste hindoue, aujourd’hui au pouvoir), en passant par la philosophie des brahmanes, la texture des plats, les modes d’élevage des poulets et les enseignes des gargotes, nous apprenons comment devenir réflexif sur nos propres pratiques. »

Bruno Latour, Le Monde, janvier 2018

« L’occasion de découvrir des exigences éthiques originales, des méthodes et des rituels de mise à mort particulier, un rapport à la culpabilité différent. Une étude riche et instructive […] » 

C.G, Le Point, mars 2018

 » À partir d’une enquête mobilisant observations et entretiens menés à et autour de Chennai, capitale du Tamil Nadu, un État du Sud de l’Inde, l’angle d’approche permet de souligner les multiples régulations morales et biologiques auxquelles les pratiques alimentaires sont soumises, ainsi que leurs transformations. « 

Mathieu Ferry, La Vie des Idées.fr, mai 2018

Les médias en parlent