L’affaire d’Uzbin

La mort combattante en procès

23,00 (Disponible en numérique)

Afghanistan, vallée d’Uzbin, 18 août 2008 : des soldats du 8e Régiment de parachutistes d’infanterie de marine française tombent dans une embuscade tendue par des talibans. Le bilan est lourd – 10 morts, 21 blessés – et la couverture médiatique intense – des centaines d’articles y sont consacrés, films et romans s’en inspirent. Drame national, électrochoc, traumatisme : les mots n’ont pas manqué pour qualifier cet événement. Il y aurait même un avant et un après Uzbin.
Mais le fait de guerre devient bientôt une affaire de justice. En novembre 2009, des familles des soldats tombés portent plainte contre X pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui. Cette plainte, une première judiciaire, met en émoi la communauté militaire. Car la mort au combat ne fait-elle pas partie des risques du métier ? En quoi ces pertes ont-elles pu être jugées à la fois exceptionnelles et intolérables ? Comment des soldats « tués à l’ennemi » peuvent-ils être considérés comme victimes de leur hiérarchie ? En d’autres termes, qu’est-ce qui a rendu possible ce procès de la mort combattante ?
Pour répondre à cette question, Yannick Barthe s’intéresse à ce qu’il nomme le processus de blaming, soit le fait d’attribuer la survenue d’un événement dommageable à un tiers. À partir de l’étude de ce cas particulier, l’auteur propose une analyse plus générale des processus d’imputation du malheur dans les sociétés contemporaines et suggère des pistes explicatives permettant de comprendre leur évolution.

  • Yannick Barthe

    Yannick Barthe est sociologue, directeur de recherches au CNRS et directeur d’études de l’EHESS.

9782271159038
22/01/2026
224
14 x 22 cm
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