L'âge d'or du pamphlet

L’âge d’or du pamphlet

25,00 (Disponible en numérique)

Henri Rochefort et sa Lanterne, Les Grimaces d’Octave Mirbeau, La France juive d’Édouard Drumont, Zola et son « J’accuse ! », tournant majeur de l’affaire Dreyfus… La fin du XIXe siècle signe l’âge d’or du pamphlet, au moment même où la République et la démocratie représentative s’installent durablement en France. Triomphe de l’« âge des foules », indice d’une homogénéisation croissante de la société, mais aussi reflet de ses failles et de ses tensions, cette effervescence pamphlétaire et la diffusion massive de caricatures politiques accompagnent l’entrée de la France dans la modernité. En une étude vivante et documentée, Cédric Passard ressuscite les enjeux politiques, sociaux, culturels de cette presse de combat. Évoluant entre journalisme et politique, les pamphlétaires investissent en force l’espace public et posent la question, ô combien d’actualité, de la liberté d’expression et du blasphème, de la censure et de ses limites, du statut des mots et de leur place dans la cité.

  • Cédric Passard

    Cédric Passard est maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Lille et chercheur au CERAPS-CNRS.

9782271083210
12/11/2015
360
15.0 x 23.0 cm

Presse :

« Cédric Passard révèle que la brutalité de l’écriture pamphlétaire, son simplisme dans la plupart des cas, son goût pour le complot, ont pu paradoxalement accompagner une sortie progressive de la guerre civile permanente qu’a connue la France au XIXe siècle, régulièrement hérissée de barricades démantelées dans le sang. Sans rechercher ce but, [le pamphlet] aurait permis, par le passage des armes aux mots, une acclimatation à de nouvelles formes plus pacifiées d’échanges politiques qui finirent en retour par le faire passer de mode. […] Entre la fin du Second Empire et l’avènement des intellectuels pendant l’affaire Dreyfus, le pamphlet connut un âge d’or, analysé avec finesse par Cédric Passard dans une thèse de science politique devenue livre. Un ouvrage important sur les débuts de la IIIe République ».

Pierre Karila-Cohen, Le Monde des Livres, 27 novembre 2015

« Cédric Passard explore les outrances de la forme pamphlétaire dans le dernier tiers du XIXe siècle, jusqu’au tournant de l’affaire Dreyfus. »

Dominique Kalifa, Libération, 27 février 2016

« Étudié naguère par le linguiste Marc Angenot, mis en fiche dans son dictionnaire par Frédéric Saenen, le pamphlet de la Belle-Époque et régions circonvoisines est désormais contextualisé par Cédric Passard qui note son décrochage après la perte de crédibilité d’Henri de Rochefort (critiqué pour ses « trucs » rhétoriques notamment), le glissement du journal d’opinion vers la presse d’information et la lente émergence de la figure intellectuelle. »

Éric Dussert, Le Matricule des Anges, mars 2016

« Dans l’Age d’or du pamphlet, qu’il situe dans les trente dernières années du XIXe siècle, donc au début de la IIIe République, Cédric Passard souligne que la virulence pamphlétaire a joué un rôle important dans l’apprentissage de la démocratie naissante. La contestation vigoureuse et talentueuse d’auteurs polémiques mettait en cause la pacification politique trop tranquille, les délibérations « civilisées » et les consensus faciles de l’heure, tout en inspirant aux pouvoirs en place la résistance (du droit démocratique) à ces fureurs. »

Jean-Louis Schlegel, Esprit, mars 2016

« Cédric Passard vient combler ici une importante lacune. Mais qu’on ne s’y méprenne pas : son étude ne s’inscrit ni dans le cadre de l’analyse du discours (comme celle d’Angenot), ni dans celui de l’histoire culturelle (même si elle y contribue). L’âge d’or du pamphlet. 1868-1898 est issu d’une thèse de doctorat en science politique3, et l’auteur s’intéresse aux pamphlétaires en tant qu’ils participent aux « processus de politisation » et constituent une « épreuve » (p. 12) à la mise en place d’une démocratie représentative et relativement pacifiée. »

Michaël Fortier, Lectures, mars 2016

« Une des clés les plus passionnantes de l’étude de Passard est sa volonté d’illustrer la contribution des pamphlétaires de la fin du XIXe siècle aux processus de politisation et, paradoxalement, à l’invention d’une culture démocratique. La « mauvaise » parole populaire aurait trouvé chez les pamphlétaires un écho politique de son expression sociale… Et l’hypothèse de travail majeure de Passard, d’une intuition féconde, est de considérer le pamphlet, « réceptacle de tensions refoulées », comme une forme symbolique de résistance. »

François Kasbi, Valeurs actuelles, 24 mars 2016

Cédric Passard était interviewé par Jean-Marie Duhamel pour le quotidien La Voix du Nord, le 29 mars 2016.

« La presse en excès libre » : L’âge d’or du pamphlet était recensé par Jean-François Julliard dans Le Canard enchaîné du 6 avril 2016.

Radio/Télévision :

Cédric Passard était l’invité de Jean-Christophe Buisson sur la chaine Histoire dans l’émission « Historiquement show », mardi 19 janvier 2016.

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