Comme des hommes ?

Femmes politiques génocidaires au Rwanda

26,00€ (Disponible en numérique)

Au Rwanda, l’histoire des génocidaires a « un visage de femme ». Si l’extermination de près d’un million de Tutsi constitue un crime majoritairement commis par des hommes, on estime à 96 000 le nombre de femmes ayant participé aux massacres. Le caractère de proximité de ce génocide a permis aux femmes de s’y engager en masse. Si la majorité d’entre elles ont été condamnées pour avoir dénoncé les Tutsi, pillé leurs biens, ou encore pour avoir encouragé les tueurs, certaines figurent parmi les commanditaires les plus impliqués dans le génocide. Ce livre retrace les trajectoires de quinze femmes génocidaires et leur engagement total dans l’extermination, depuis son organisation jusqu’à sa mise en œuvre. Toutes étaient des dirigeantes politiques. Les témoins les décrivent toujours aujourd’hui comme des femmes « pas comme les autres », monstrueuses et inarrêtables. Perdure l’idée, qu’en tant que femmes, elles auraient dû faire de la politique autrement.
En s’intéressant à ces trajectoires paroxystiques, il ne s’agit pas d’écrire une histoire sensationnaliste. Urbaines, salariées, éduquées, politisées, soutenues par des réseaux locaux ou nationaux puissants avant le début du génocide, ces dirigeantes représentent une nouvelle génération de femmes ayant pu accéder à des postes dans l’administration ou dans les partis grâce aux politiques dites de « promotion féminine » mises en place au cours de la décennie 1980. Cette intersection entre le genre et le pouvoir invite à aller au-delà de profils fixistes de femmes rebelles, hors normes ou dominatrices pour comprendre les mécanismes qui les ont menées à ces violences extrêmes.

  • Juliette Bour

    Juliette Bour est historienne, postdoctorante à la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, afiliée à l’université d’Anvers et à l’EHESS. Sa thèse a été distinguée par le GIS Institut du Genre.

9782271154743
27/08/2026
392
15 x 23 cm

« Représentantes d’une nouvelle génération de femmes, elles ont pu accéder à des postes dans l’administration rwandaise ou dans les partis. (…) Par opportunisme et par ambition, elles ont ensuite épousé les thèses du « Hutu Power » et se sont radicalisées au sein de différents mouvements. Comme des hommes ? « Dans le ramassage des corps, elles ne se distinguent guère de leurs homologues masculins, estime Juliette Bour. Comme eux, elles gèrent les cadavres à la façon d’une tâche administrative et, comme eux, elles sont indifférentes au sort réservé aux victimes tutsi, dont elles cherchent à annihiler l’identité. » » Pierre Lepidi dans Le Monde des livres, le 9 octobre

« L’analyse de Juliette Bour entend dépasser les stéréotypes de genre, démontrer que ces femmes n’étaient pas prédéterminées à devenir génocidaires, pas plus que leur condition de femmes ne les exonère de leurs terribles responsabilités. « Ces femmes ont-elles-mêmes joué de clichés de genre pour se défendre. Pauline Nyiramasuhuko prétend toujours qu’en tant que femme, mère de famille, elle ne peut pas être coupable d’un tel déchaînement de violence. » » Stéphane Mazzucotelli dans Le Républicain Lorrain, le 13 septembre

Les médias en parlent