Assassinats ciblés

Critique du libéralisme armé

25,00 (Disponible en numérique)

Comment fait-on la guerre au XXIe siècle ? Principalement par drones, en éliminant l’ennemi avant qu’il ne nuise. Au Yémen, en Afghanistan, en Palestine ou au Pakistan, ces opérations dites d’« assassinats ciblés » surviennent à l’abri des regards. Pratiques d’abord largement décriées en Europe et outre-Atlantique, elles se sont banalisées à partir des années 2000 dans le contexte de la guerre contre le terrorisme. Elles questionnent pourtant la conception traditionnelle d’une violence légitime en démocratie. Quels sont les arguments mobilisés par les gouvernements, notamment en Israël et aux États-Unis, pour faire accepter ce droit de tuer ?
Combinant enquête de terrain et recherches, Amélie Férey examine minutieusement les processus de légalisation et de légitimation dans les démocraties de cette guerre qui ne dit pas son nom. L’auteure discute les arguments avancés par ceux qui utilisent ces assassinats : sont-ils si différents des assassinats politiques ? Appartiennent-ils vraiment au registre de la guerre préventive ? Ont-ils un rôle dissuasif ? Respectent-ils le cadre légal international ?
Amélie Férey livre ici une analyse décisive pour comprendre les enjeux de ces pratiques qui font désormais partie intégrante du paysage stratégique contemporain.

  • Amélie Férey

    Amélie Férey est chercheuse en science politique au Centre de Recherches Internationales de Sciences Po (CERI) ...

Préface de Frédéric Gros

9782271133946
18/06/2020
368
15 x 23 cm

 » Israël lors de la deuxième Intifada a vraisemblablement créé un précédent avec la mort le 9 novembre 2000 d’Hussein Abayat, un des chefs militaires du Fatah, tué en Cisjordanie depuis un hélicoptère. Longtemps critiquée, cette méthode a été adoptée par les Etats-Unis. En quatorze ans, de 8.845 personnes à 16.794, selon les estimations, ont été éliminées par ce dernier pays, notamment par des drones. Amélie Férey du Ceri-Sciences Po se penche sur le processus de légitimation de cette méthode par des démocraties. Elle évoque ainsi un « libéralisme armé » que l’on peut percevoir comme « le comble du cynisme ».  »

Jacques Hubert-Rodier, Les Echos, 15 juin 2020

« La juriste analyse les arguments (prévention, dissuasion…) dont les gouvernements se servent pour faire accepter ce nouveau droit de tuer et de l’intégrer dans un cadre légal. »

L’Agathois, septembre 2020

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