Dans les coulisses de la science

Petites mains et autres travailleurs invisibles

25,00 (Disponible en numérique)

L’histoire de la science met en pleine lumière une élite de chercheurs, des pionniers, le plus souvent des hommes ; une élite encore magnifiée par le culte de l’excellence, la starification médiatique et l’hypervisibilité contemporaine. La société du savoir apparaît ainsi comme une société restreinte, une aristocratie sans peuple. Reste dans l’ombre une population qui pourtant participe à l’œuvre scientifique.
C’est à ces invisibles de la recherche que cet ouvrage est consacré. Fondé sur une documentation exceptionnelle réunie au long d’un vaste parcours dans le monde du savoir, du XIXe siècle à aujourd’hui, il donne à voir la présence nombreuse dans les institutions de la science d’ingénieurs et de techniciens, de secrétaires et de personnels de service, de précaires et de bénévoles ; il révèle aussi, derrière l’œuvre, des filles et des épouses assistant un père, un mari.
Observer l’activité de ces travailleurs en second montre qu’au-delà des tâches de service, d’exécution, de routine qui seraient le lot des « petites mains » de la recherche, se déploient des savoirs et des savoir-faire démentant l’idée d’un travail sans pensée. Écouter cette population laborieuse, c’est saisir le vécu de travailleurs subordonnés, entendre la demande de considération de l’individu laborans pour son travail et sa personne, autrement dit son désir de reconnaissance, déjà au sens le plus élémentaire : être vu, exister.
Une histoire de la science revisitée.

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9782271135490
17/03/2022
352
15 x 22 cm

« Forte de cette documentation foisonnante, dont elle fait une synthèse rigoureuse, l’historienne ne cherche pas à « déshéroïser (sic) les grands noms de la science », mais à construire « une vue plus réelle, moins distordue » de tous les acteurs de la société du savoir, en rappelant l’importance du collectif. À l’heure où certains discours, y compris au sein des organismes de recherche, ne jurent que par le « sommet de la pyramide » et la compétition, le message est loin d’être inutile. »

Vincent Glavieux, La Recherche, édition avril-juin 2022.

« Cette enquête minutieuse, très savante pour le coup, révèle les coulisses de la science et la vie quotidienne de la recherche. Cela nous rappelle d’une certaine façon l’émergence, lors du premier confinement, de bien d’autres « invisibles » pour faire fonctionner notre système de santé, de propreté, d’alimentation, etc. Ces coulisses de la science finement décrites prouvent que la recherche est aussi à bien des égards un spectacle dont il ne faudrait pas oublier la troupe qui met en lumière les premiers rôles. »

Laurent Lemire, Livres Hebdo, le 26 mars 2022.

« Françoise Waquet a entrepris une laborieuse tâche d’analyse de listes d’effectif, de textes de remerciement un exercice hautement stratégique et très révélateur, des rapports d’activité, des journaux de laboratoire ou de fouilles et autres comptes rendus administratifs, pour en dégager les ruptures entre rôle et affectation, entre fonction officielle et mission réelle. »

Isabelle de Montvert-Chaussy, Sud-Ouest, le 15 avril 2022.

« Le déclencheur de cet ouvrage sur les invisibles de la recherche a été une remarque faite par un journaliste dans un compte rendu d’un précédent ouvrage qui, relevant la masse colossale des outils utilisés par les chercheurs, signalait la présence de petites mains modestes et mal payées. Ma curiosité a été piquée et j’ai décidé de faire une recherche sur une population oubliée par les études sur le monde scientifique. »

Françoise Waquet accordait un entretient à Anthony Guyon pour nonfiction.fr, le 21 avril 2022.

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