Un séminariste assassin

L’affaire Bladier, 1905

16,00 (Disponible en numérique)

« Ce que je me rappelle bien, c’est que le soir, au lit, avant de m’endormir, je me représentais en train de tuer ou de faire souffrir de jeunes garçons […] alors ma “verge” grossissait […] et il me semblait que je jouirais véritablement et que je serais soulagé dès que je pourrais réaliser ce que je me représentais. »

Jean-Marie Bladier, 17 ans, a écrit ces lignes dérangeantes après avoir étranglé et décapité, le 1er septembre 1905, dans la forêt de Raulhac (Cantal), l’un de ses jeunes camarades âgé de 13 ans, Jean Raulnay. L’assassin, encouragé par des médecins de l’époque, dont le célèbre professeur Lacassagne, a rédigé une « sidérante » autobiographie. Bladier y décrit avec une inédite minutie l’histoire de son état mental, au point que les experts, dans leur rapport sur ce cas de « sadisme sanguinaire congénital », n’hésitèrent pas à le citer, parfois longuement.
Comment comprendre ce fait divers de la France des débuts du xxe siècle, tiraillée entre archaïsme et modernité, catholicisme, traditions rurales et laïcisme républicain ? Comment lire en historien ce double acte de tuer et d’écrire ? Comment interpréter la puissance de cette écriture si incommodante ?
Exhumant de précieuses archives, Philippe Artières se confronte à la figure oubliée de cet élève du petit séminaire destiné à la prêtrise avant de commettre ce meurtre. Il propose une autre manière d’écrire l’histoire du crime et des sexualités, à la croisée de l’histoire et de l’anthropologie.

9782271133304
03/09/2020
152
14 x 20.5 cm

« Philippe Artières expose les articles, l’autopsie, les expertises psychiatriques et les carnets du criminel, écrits en prison […]. Philippe Artières explique surtout en quoi le cas Bladier est un objet d’histoire. Il dévoile le sens d’un crime d’une violence extrême, comme l’expression d’un délire qui n’est plus canalisé par le nouveau monde social, un changement symbolique qui le laisse aller à ses pulsions de meurtre ».

Laurent Lemire, Livre Hebdo, août 2020

« Une pièce supplémentaire à cette anthropologie historique des vies ratées, infâmes, minuscules ou brisées, que Philippe Artières traque depuis longtemps dans les « petites écritures » oubliées. »

Libération, septembre 2020

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