Tromelin

Tromelin

Mémoire d’une île

38,00

Îlot de solitude, particule élémentaire d’un infini maritime, Tromelin est perdue au milieu de l’océan Indien. Confetti inhabité et hostile d’un kilomètre carré, l’« île de sable » émerge à peine en 1722, date de sa découverte. Elle ne devra sa renommée qu’à un tragique épisode. En 1761, l’Utile y fait naufrage et abandonne sa « cargaison » d’esclaves malgaches ; les survivants ne seront secourus que quinze ans plus tard. Une survie dont les conditions sont désormais bien connues grâce aux recherches archéologiques menées de 2006 à 2013.

Dans cet ouvrage abondamment documenté et illustré, Max Guérout reconstitue l’histoire de ce grain de sable depuis le début du xviiie siècle jusqu’à nos jours. Il en reconstruit la mémoire éclatée, marquée par les escales fugaces de quelques navigateurs, hydrographes ou militaires curieux. Il s’attache en particulier à reconstituer l’histoire des équipes de la station météorologique française installée sur l’île en 1954. Tirant chacun des fils laissés par ces résidents de passage, Max Guérout nous livre ici le fruit d’un long et patient travail autour de l’écheveau des souvenirs.

Grand Prix 2016 de l’Académie de Marine

  • Max Guérout

    Max Guérout, archéologue sous-marin, s’est fait connaître, en particulier, par ses travaux sur les esclaves oubliés de Tromelin.Il est membre du laboratoire Histoire et archéologie maritimes (FED 4124 – Sorbonne Université – Musée de la Marine).

9782271086662
CNRS Alpha
16/10/2015
278
19.0 x 26.0 cm

« Dans cet essai abondamment documenté et illustré, Max Guérout reconstitue l’histoire de ce grain de sable depuis le début du 18e siècle jusqu’à nos jours. Il en reconstruit la mémoire éclatée, marquée par les escales fugaces de quelques navigateurs, hydrographes ou militaires curieux. Il s’attache en particulier à reconstituer l’histoire des équipes de la station météorologique française installée sur l’île en 1954. Tirant chacun des fils laissés par ces résidents de passage, Max Guérout nous livre ici le fruit d’un long et patient travail. »

Le Journal de Mayotte, 31 janvier 2016

« Le Grand prix 2016 de l’Académie de Marine a été remis lundi 25 octobre au livre Tromelin, mémoire d’une île (…).
Cet ouvrage est exceptionnel tant par le sujet qu’il traite qui nous révèle ce que fut réellement l’histoire de cette île, que par la qualité et la richesse de l’exposé. »

taaf.fr, le 27 octobre 2016

« Capitaine de vaisseau (h) et archéologue, Max Guérout, directeur des opérations du Groupe de recherche en archéologie navale (GRAN), a dirigé les missions archéologiques de ce groupe et de l’Institut national de recherche en archéologie préventive (INRAP) sur l’île française de Tromelin, confetti d’empire au milieu de l’océan Indien, rattachée au TAAF depuis 2007. C’est lui qui est à l’origine de l’intérêt que les archéologues ont porté à cette île et à son histoire, sur laquelle s’est échoué le 31 juillet 1761, la flûte l’Utile avec 140 membres d’équipage dont 122 survivants qui quittent l’île deux mois après le naufrage, et 160 esclaves malgaches, dont 80 survivants au moment du naufrage mais qui ne sont plus que huit lorsque Jean-Marie Tromelin débarque sur l’île quinze ans après. L’auteur présente dans ce remarquable ouvrage, non seulement le récit des recherches qu’il a conduites avec ses équipes sur l’île, mais, en exploitant les archives de la Marine qui s’imbriquent avec l’archéologie des vestiges trouvés à Tromelin, l’histoire de l’île depuis sa découverte, en tant qu’«île de Sable», par la Diane en 1722, jusqu’à l’époque actuelle. Scientifiquement, il reconstruit cette histoire, les naufrages – deux, peut-être trois -, les escales des marins et leurs navires, les travaux des scientifiques et des hydrographes, et l’histoire des équipes de la station météorologique française installée sur l’île en 1954. Max Guérout détaille les fouilles exécutées par les missions qu’il a dirigées (2006, 2008, 2010, 2013) et leurs résultats, fouilles marines et terrestres qui ont, notamment, permis la découverte de 737 objets de la vie courantes et la reconstitution de deux squelettes. Deux annexes enrichissent l’ouvrage, l’une reprend le journal de navigation de la Diane ce qui met en évidence les difficultés de la navigation au début du XVIIIè siècle, une seconde est la biographie de Jacques Marie Boudin de Tromelin, seigneur de Lanuguy. « Tromelin » est abondamment et magnifiquement illustré par des documents anciens, de splendides cartes marines anciennes, des schémas, de nombreuses photographies des expéditions de fouilles et des précieux objets retrouvés.

L’histoire de ces esclaves malgaches abandonnés sur l’île lors du naufrage de l’Utile, laisse apercevoir les tares du colonialisme occidental au XVIIIè siècle, telles que rapportées dans les récits de l’époque, et contrastant avec certaines transcriptions, apportent une grande émotion tant l’ignominie de cet abandon est bien retransmise au lecteur. On perçoit notamment les efforts sans succès du second officier del’Utile pour tenir sa promesse de revenir les chercher.

Cet ouvrage est exceptionnel tant par le sujet qu’il traite qui nous révèle ce que fut réellement l’histoire de cette île, que par la qualité et la richesse de l’exposé. C’est le récit d’un scientifique et d’un marin, le récit d’un homme sensible aux drames des hommes qui furent abandonnés sur cette île. C’est un récit, facile à lire, non romancé ce qui le rend d’autant plus prenant, de dix ans de recherches et des quatre missions archéologiques qui ont été nécessaires pour mettre en lumière les conditions de vie, de survie plus exactement, des « esclaves oubliés », survie matérielle, sociale et psychologique, et pour comprendre, enfin, toute l’organisation qu’ils ont dû mettre en place pour survivre. Une riche bibliographie et les références des sources complètent ce splendide ouvrage, qui est sans nul doute un document rare relatif aux Mascareignes mais est surtout un magnifique récit historique, passionnant et particulièrement bien écrit, romanesque et poétique. La lecture de « cette mémoire d’une île », due à celui qui l’a fait connaître, est un vrai plaisir. »

Discours de la remise du Grand Prix de l’Académie de Marine 2016, 24 octobre 2016.

 

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